Les productions du site de Paulilles
1876-1986


Le 25 Août 2000, la Délégation Languedoc-Roussillon du Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres (Maître d’ouvrage) et la Direction Départementale de l’Equipement des Pyrénées-Orientales (Maître d’œuvre) ont établi un cahier des charges pour la réalisation d’une étude historique se rapportant au site de l’ancienne dynamiterie de Paulilles (Pyrénées-Orientales). Le cahier des charges a fixé pour thème d’étude n°4 : « Les productions du site ». Conformément à la demande des maîtres d’œuvre et d’ouvrage, ce thème a fait l’objet d’une note de synthèse non technique, retraçant la croissance du volume de production dans cette usine privée de fabrication de dynamite.

Le cadre chronologique en a été fixé par l’auteur de 1876, date de démarrage définitif des productions à 1986, date de fermeture de l’usine. Sur cet axe chronologique se sont greffés trois points particuliers soulignant une série de productions spécifiques : la naissance de la fabrication de la dynamite-gomme une décennie après l’invention de la dynamite, la fabrication d’oléum pour les besoins militaires lors de la première Guerre mondiale, le placage des métaux par explosifs, dernière production innovante avant la fermeture du site.

Ce dernier thème est complété de courbes de production fournies par M. Dubuy, ancien ingénieur, auquel nous adressons nos remerciements. Il est illustré par une série de documents illustrés aimablement prêtés par M. Le Gall, ancien ingénieur chargé de cette production sur le site de Paulilles, que nous remercions à l’identique1. Nous remercions également M. Josse, de la D.D.E. des Pyrénées-Orientales, gendre de M. Le Gall, pour nous avoir mise en relation avec ce dernier.

A - Les débuts de la production de dynamite (1876-1897)

1 - Le volume de production de dynamite de Paulilles

Pour mémoire, l’usine de dynamite de Paulilles a été fondée en 1870 pour les besoins en armement lors de la guerre franco-prussienne. En raison de la défaite, à la faible durée de fonctionnement des ateliers correspond, à cette époque, l’absence de documents relatifs au volume réel de production. Après la fin de la guerre, l’usine est mise en arrêt puis est à nouveau autorisée suivant une loi de 1875 autorisant l’industrie privée à fabriquer de la dynamite. Dans ce contexte, l’usine de Paulilles débute une production effective et chiffrée à compter de fin mars 1876.

Les premiers renseignements se rapportant à cette production portent sur son volume. En trois exercices, l’usine de Paulilles double sa production annuelle, passant de 152,8 tonnes (exercice 1876-1877) à 338 tonnes (exercice 1878-1879)2. Par comparaison, ce volume de production rejoint alors rapidement celui des autres dynamiteries existant au niveau mondial.

En 1867, année où la dynamite fait son apparition sur le marché, la production des trois usines de Suède (Vinterviken), Norvège (Lysaker) et Allemagne (Krümmel), seules entités existant alors, s’est en effet élevée à un total de 11 tonnes. Une décennie plus tard, en 1877, celle-ci dépasse 5 000 tonnes, fabriquées par seize usines réparties dans le monde. Dans cet intervalle de temps, la production mondiale est donc passée de 3 à 300 tonnes en moyenne par an et par entreprise3. Avec 338 tonnes, Paulilles s’inscrit donc dans la moyenne annuelle de la production internationale.

L’année suivante, au cours de l’exercice 1879-1880, un cap est franchi : le volume annuel de dynamite vendue dépasse 500 tonnes4. A la fin du XIXe siècle, son volume annuel de production est finalement supérieur à 1 000 tonnes (1897). L’usine se distingue donc par la rapidité et la croissance de son volume de production : en 1896, 93 usines réparties dans le monde ont produit ensemble 66 500 tonnes de dynamite5, soit une moyenne annuelle de 715 tonnes par usine.

Tableau 1 : Production de dynamite à l’usine de Paulilles
(1876-1897)

 

Période

Production annuelle moyenne

1876-1877

152,8 tonnes

1877-1878

224 tonnes

1878-1879

338 tonnes

1879-1880

552 tonnes

1897

+ de 1000 tonnes


2 - Les types de production

Localement, cette production, basée sur les procédés de fabrication inventés par Alfred Nobel, est composée des dynamites dites dynamite numéro 1 et dynamite numéro 3. A l'automne 1877 s'y ajoute la nouvelle dynamite n°2, composée par l’ingénieur Roux après divers essais en laboratoire6.

Ces diverses numérotations correspondent désormais aux variations en pourcentage de nitroglycérine, modulées de 25% à 75% selon les besoins - dureté de la roche – et selon les travaux auxquels elles sont destinées7. Cette numérotation servira à identifier les divers types de productions, durant toute la durée de fonctionnement de l’usine.

A ces productions classiques se greffe une fabrication croissante de « capsules détonantes ou fulminantes », servant d'amorces aux bâtons de dynamite. Les amorces produites à Paulilles sont stockées par centaines de milliers dans divers dépôts de l'entreprise. Le stockage de ce type de production devant faire l’objet d’une autorisation administrative, l’usine émet une succession de demandes d’autorisation de dépôts. Le 18 janvier 1878 par exemple, une demande d'autorisation de dépôt est émise : elle a lieu deux jours après le récolement des travaux de la seconde usine de dynamite, dont la construction vient de s’achever8. Cette même année, l'un des trois sites de stockage peut ainsi contenir jusqu'à 500 000 capsules9. Cette production annexe mérite d’être soulignée : elle constitue, au niveau financier, l'un des appoints sérieux de la production principale, et est à ce titre scrupuleusement intégrée aux bilans comptables de la société.

En définitive, dans la seconde moitié du XIXe siècle, les productions caractéristiques de Paulilles consistent donc en bâtons de dynamite de diverse puissance et en amorces. Toutefois, cette période se caractérise également par l’émergence de nouvelles inventions : à cette époque, les nouvelles inventions de Nobel sont en effet la dynamite-gomme (plastic) en 1875 et la balistite en 1888. Seule la dynamite gomme fera d’abord l’objet d’une exploitation industrielle.

3 - L'invention de la « dynamite-gomme » (1875)

Productive à compter du printemps 1876, l'usine de Paulilles atteint fin 1880 un chiffre d'affaires de 4,2 millions de francs et affiche un bénéfice de 511 000 francs. Reposant sur une découverte majeure, celle de la dynamite, la société de Paulilles demeure cependant dépendante de la durée de validité des brevets d'invention, octroyés pour une période de quinze ans. L'ensemble de sa production s'appuyant sur des brevets dont les premiers remontent à 1863, il lui est nécessaire d’imaginer plusieurs schémas permettant de parer à leur extinction.

Trois stratégies sont alors adoptées, dont la plus simple consiste à demander une prolongation des anciens brevets. Ainsi, à l'automne 1875, s'appuyant sur la jurisprudence en la matière, l’ingénieur Roux sonde le gouvernement et les députés pour évaluer la meilleure tactique à adopter. Celle-ci consiste alors à faire voter, par des députés « au courant de la question de la dynamite et influents à la Chambre », une loi spéciale prolongeant la durée du brevet de 1863 et de ses certificats d'addition10. La mise en oeuvre du projet traîne cependant en longueur et à terme, la prolongation du brevet Nobel du 18 septembre 1863 est finalement refusée11.

La seconde solution consiste à proposer, afin « d'éviter la déchéance de certains brevets pour non exécution de l'objet breveté », des produits dérivés de la première production. Le conseil d'administration de la société autorise ainsi au printemps 1876 la fabrication et la vente en petites quantités et pour essai de « dynamite comprimée » et de « dynamite au nitrate d'ammoniaque »12. On assiste donc à une première diversification des types de production, sur la base des produits initialement existants.

La dernière alternative, la meilleure possible pour l’essor de la société, réside cependant dans la découverte d'un produit original, susceptible de faire l'objet d'un nouveau brevet d'invention. Ainsi, dès le 29 décembre 1875, Nobel informe le conseil d'administration de la Société de Paulilles qu'il vient d'obtenir un brevet d'invention pour un nouvel explosif13. Daté du 30 novembre 1875, ce brevet se rapporte alors à la « dynamite-gomme » ou « gélatine explosive », composé formé à base d'un petit pourcentage de coton azotique dissous dans de la nitroglycérine14.

A terme, l’usine de Paulilles produit donc de manière concomitante deux classes de dynamite : la dynamite que l’on peut qualifier comme celle « de base », résultant du brevet d’invention de 1865, et la « dynamite-gomme » résultant du brevet de 1875. Cette découverte dédouble en quelque sorte ses potentialités de fabrication.

On notera toutefois que la classification contemporaine a fait disparaître la classe des dynamites de base au profit de la dynamite-gomme : ainsi selon SNPE Ingenierie, la 1ère classe des dynamites existantes est celle des « dynamites gommes qui contiennent plus de 60% de nitroglycérine ». La SNPE cite en 2ème classe les « dynamites gélatinées qui en contiennent de 40 à 60% »15.

Historiquement, cette classification a donc été modifiée16. A l’époque d’Alfred Nobel en effet, il existe des dynamites ordinaires, à base de silice, comprenant 25 à 75% de nitroglycérine. La « dynamite gomme » également dite « gélatine explosive » désigne pour sa part un produit dont la force explosive est bien supérieure à celle de la dynamite ordinaire, et tend à rejoindre celle de la nitroglycérine pure. De même, apparentées à cette dernière, les dynamites-gélatines sont des gels formés à chaud par réaction de la nitroglycérine (90%) sur une nitrocellullose17.

4 - L'expérimentation de la « dynamite-gomme » à Paulilles (1877-1880)

Pour l’exploitation de la dynamite gomme, Nobel établit d'abord en Angleterre une fabrique dépendant d'une nouvelle société, la Nobel’s Explosives Co. Ltd. Il pense alors que Paulilles aurait avantage, du moins au début, à acheter à cette fabrique plutôt que de fabriquer elle-même18. En janvier 1877, décision est toutefois prise de fabriquer localement de petites quantités de gomme explosive. Les démonstrations faites auprès de l'armée semblent convaincantes : quelques centaines de kilos doivent être vendus au Génie et à la Marine19.

En mars 1877, l'existence du produit donne lieu à une tractation importante : Nobel s'engage à céder à la société de Paulilles son brevet sur la dynamite-gomme ainsi que les certificats complémentaires de perfectionnements. Après deux années sans rémunération, il pourrait percevoir, à compter du 1er juillet 1879, un revenu de 30 centimes par kilogramme vendu, la société lui remboursant en outre la taxe sur le brevet et les certificats d'addition20. Une assemblée générale extraordinaire doit se tenir le 27 juillet suivant pour la signature de la convention21. Trois jours avant la date prévue cependant, une explosion mortelle à Paulilles entraîne un arrêt prolongé des essais de fabrication.

Officiellement, les essais sont reportés après la visite de conformité de la seconde usine de dynamite, le 16 janvier 1878, cet accident n'entravant toutefois en rien la réunion effective des actionnaires22. Au printemps de la même année, Alfred Nobel visite lui-même le site de Paulilles, jugeant la fabrique « bien installée » et « bien tenue ». « La machine à malaxer la gomme », qui a alors repris du service, semble également « convenir à son objet »23.

Dans la réalité cependant, l'adaptation technique du brevet laisse à désirer, et les premiers essais s'avèrent infructueux24. En l'absence de Paul Barbe, associé de Nobel, appelé auprès de la société de Hambourg (1878-1881), il revient alors l'ingénieur suédois Alarik Liedbeck de diriger de nouvelles tentatives de production25. Précédé d'une réputation de chimiste expérimenté, ami et collaborateur direct de Nobel, celui-ci a en charge depuis 1865 la production de l'usine de Vintervidken26. C'est donc de Suède et d'Allemagne que parvient à Paulilles l'aide à la fabrication, les conseils techniques émanant également de la société de Hambourg27.

Durant toute l'année 1879, Paulilles tâtonne toutefois dans les applications, s'aidant des conseils techniques de la société allemande. Travaillant sur les mêmes questions, celle-ci bénéficie en effet d'un temps d'avance sur « l'étude, la fabrication et la vente de dynamite-gomme »28. Les ministères français (Marine et Guerre) refusant de faire procéder à des essais d'application militaire, les expériences sur les propriétés et le mode d'emploi du nouveau produit se poursuivent auprès de l'industrie privée. Après une démonstration réussie à la mine de plomb argentifère de Nialas (Lozère), décision est prise fin 1879 d'une fabrication régulière à Paulilles29.

En 1880, après l’amélioration de la qualité du coton azotique, la société de Paulilles choisit de l’importer depuis Presbourg en Hongrie et Christiana en Norvège30. Aux côtés de Roux, Liedbeck participe alors à la mise en marche de nouveaux appareils et la fabrication de la gomme. Dès lors, la vente des échantillons et leur consommation dans divers pays tendent à augmenter « de mois en mois »31 : au début de décembre 1879, la moyenne de production de dynamite gomme s’élève à Paulilles de 113 kg par jour32. Au cours de l’exercice 1879-1880, elle représente encore moins de 1% de la production totale de dynamite (3 406 kg sur 552 390 kg).

Toutefois, dès la fin octobre 1880, son prix de vente est ramené de 9 à 8 francs, sur lequel peut en outre être consentie une remise de 0,25 à 0,50 franc le kilo33. Cette baisse des prix marque le point de départ d’une véritable production industrielle, et, avec la croissance, la production de la dynamite gomme se divise ensuite en deux variétés n°1 et 2, différant par leur degré de puissance34. A terme, la fabrication de dynamite gomme supplante celle de dynamite ordinaire.

Finalement, le meilleur hommage rendu à l’invention de la dynamite gomme émane du Londonion Fréderick Abel, chimiste au département de la guerre, pourtant l'un des adversaires les plus influents de Nobel. Celui-ci déclare que la gomme et ses dérivés « paraissent être les explosifs de l'avenir » : l’histoire sur ce point lui donne raison35.

En conclusion de cette première partie, l’invention de la dynamite gomme repose une expérimentation chimique d’Alfred Nobel conduisant à son invention (1874-1879)36. Cette innovation, consistant à combiner nitroglycérine et nitrocellulose37, marque la naissance de la « dynamite moderne » car sur cette base repose toute formule ultérieure de dynamite.

Surtout, en créant en 1875 la dynamite gomme, Alfred Nobel invente une nouvelle dynamite dont la puissance est largement supérieure à celle de 1865. Sa production industrielle, représentant à la fois un risque extrême et un intérêt essentiel dans l’industrie minière et les travaux publics, est assurée dès 1879 par l’usine de dynamite de Paulilles.


Débuts de la production de dynamite-gomme
(1879-1880)


Début décembre 1879

Fabrication de 113 kg par jour


Exercice 1879-1880

3406 kg vendus sur la vente totale de dynamite de 552 390 kg, soit – de 1% de la production totale


B – La production de dynamite au XXe siècle

1 – L’invention de la Balistite (1888)

Si l’on se réfère aux données chiffrées, le volume annuel de production de dynamite serait globalement passé de 1000 tonnes en 1897 (site de Paulilles) à 2000 tonnes en 1920 pour les sites cumulés de Paulilles et d’Ablon dépendant de la même société (Pyrénées-Orientales et Calvados).

Dans l’intervalle, la première Guerre mondiale a entraîné à Paulilles la fabrication d’un produit supplémentaire, à savoir la Poudre Balistite. A la suite de ses travaux sur la dynamite gomme, l’invention de la poudre balistite, également due à Alfred Nobel, date de 1887. Il s’agit pour sa part d’une poudre à canon originellement fabriquée à base de nitroglycérine et de celluloïd, dont l’invention s’inscrit dans le cadre de recherches menées à cette époque en vue de la production militaire de « poudre sans fumée ».

Schématiquement, cette découverte concurrence alors une poudre similaire mais moins puissante utilisée par les armées françaises sous le nom de « poudre Vieille » du nom de son inventeur (1885). La poudre Vieille domine l’armement français jusqu’en 1916, époque à laquelle l’armée française se résout à fabriquer la poudre balistite inventée par A. Nobel. Dans le cadre de l’effort de guerre, les entreprises privées de fabrication de dynamite, dont celle de Paulilles, participent dès lors également à cette nouvelle production.

2 - La production de Poudre Balistite à Paulilles (1ère Guerre mondiale)

Selon la SNPE, une nouvelle dynamiterie (dite n°2) avait fonctionné sur le site de Paulilles de 1916, date du décret d’autorisation d’exploiter, à 1918, fin des hostilités. Pendant cette période, les activités recensées par la SNPE y ont été l’encartouchage de poudres nitratées, la fabrication de poudres balistites et le stockage non clandestin de munitions (obus)38 : « l’activité fut essentiellement d’encartoucher de la poudre N (nitratée) en provenance de St Chamas, de charger des obus de 60 et 80 mm en balistite, de fabriquer de la nitroglycérine et de stocker des obus (canons, mortiers) ». 

Les recherches historiques ont permis de requalifier cette dynamiterie précisément en fabrique de poudre balistite. Cette substance doit alors son nom à la grande proportion de coton nitré qu’elle contient, destinée à produire une action assez lente pour pouvoir servir comme agent propulsif. Schématiquement, cette poudre balistite est donc une poudre propulsive et détonante, produit largement recherché au cours de la 1ère Guerre mondiale.

Pour mémoire, le processus de fabrication de la poudre balistite contient deux phases :

Phase préparatoire :

  1. production de nitroglycérine,

  2. imbibition du coton nitré dans la nitroglycérine, donnant lieu à la formation d’une substance dite « galette » de coton nitré.
  3. cette phase est suivie d’une première gélatinisation de la galette de coton nitré dans la nitroglycérine.

Fabrication de poudre balistite proprement dite :

  1. gélatinisation à chaud de la galette laminée,

  2. opérations d’essorage, laminage et découpage,
  3. triage et emballage des poudres.

Dans cette dernière phase en effet, « la pâte s’étend au laminoir en feuilles plus ou moins épaisses, qui sont découpées en bandes ou en petits cubes ou grains »39.

Suivant les décrets de 1916, la fabrique de Poudre Balistite de Paulilles devait compter une série de nouveaux ateliers et pour l’imbibition, devait comprendre 5 cuves produisant 12 tonnes de galette de coton nitré chacune. La guerre a toutefois posé un problème essentiel, celui d’une production intensive avec des moyens réduits. Dans ce contexte, le projet initial de construction de nouveaux locaux a été réduit, au profit de l’utilisation de certains locaux déjà existants.

La production a en conséquence été revue à la baisse et dans son ensemble divisée en deux. Pour l’imbibition, la production journalière projetée a été ramenée à 18 tonnes (3 cuves et 6 tonnes de galette par jour). Pour la gélatinisation, elle a été ramenée à 300 tonnes de galette laminée ou poudre balistite (6 cuves et 50 tonnes de galette, au lieu de 16 cuves pouvant contenir simultanément jusqu’à 100 t. de galette)40.

Par ailleurs, cette nouvelle production a reposé sur l’augmentation de la production locale d’acide, en l’occurrence d’oléum (variante de l’acide sulfurique). Vers la fin de 1916, la société de Paulilles produisait mensuellement 150 tonnes d’oleum, sur une production mensuelle totale s’élevant en France à 18 500 tonnes, fournie par l’ensemble des fabriques privées41. Par la production de Poudre Balistique et d’oleum, l’usine de Paulilles a donc contribué en son temps à l’effort national de guerre.

En conclusion de cette partie, l’attention doit également être portée sur la période de la Seconde Guerre mondiale. A ce moment, la fabrique de balistite était désaffectée depuis plus de trente ans. La SNPE Ingenierie indique que sous l’occupation, les Allemands entreposèrent leurs munitions dans un dépôt situé à l’extrémité du bâtiment 8 (ex-gélatinisation). Ce dépôt fut détruit lors de leur retraite, mais des munitions non explosées ont été retrouvées à son emplacement. A cette occasion, indique la SNPE, l’intervention du service de déminage avait été requise42.

Bien que n’entrant pas directement dans le cadre de cette étude, il convient d’ajouter que le minage du site de Paulilles semble avoir été plus important que prévu. Selon un récent témoignage oral en effet, en 1945, après la Libération, un groupe d’enfants a également sauté sur une mine trouvée, sans autre précision, sur la plage de Paulilles. Jusqu’à présent les témoignages oraux faisaient état d’accidents et de risques liés à la fabrication ou à la manipulation de résidus de dynamite. Par précaution, l’auteur attire donc l’attention des actuels maîtres d’œuvre et d’ouvrage sur l’existence de ce témoignage.

3 - Les volumes de production de la dynamite (XXe siècle)

Si pour le XIXe siècle, l’exposé des volumes de production de la dynamite apparaît relativement bien documenté, il n’en est pas de même pour le XXe siècle. Pour cette période, la difficulté réside dans l’absence de transmission des copies d’archives de l’ancienne société Nobel, alors que celles-ci nous avaient été partiellement transmises pour le siècle précédent.

Toutefois, B. Hueber, ancien PDG de Nobel Explosifs France, avait mentionné la production de la dynamiterie de Paulilles à certaines dates. Ces mentions ont été reprises dans un tableau simplifié, soulignant la croissance générale de la production de 1920, au lendemain de la Première Guerre, à 1972. Cette dernière date marque une limite. A cette période est en effet fondée la société Nobel PRB explosifs, avant sa cession programmée en 1977, effective en 198043, conduisant à la fermeture du site de Paulilles en 1984.

En définitive, le tableau joint met en évidence le fait qu’en l’espace d’un demi-siècle, le volume de production de dynamite aurait plus que quadruplé sur le site de Paulilles.


Production annuelle de dynamite à Paulilles
selon B. Hueber
(années 1920-1972)


Années 1920 Paulilles et Ablon

2 000 tonnes

Années 1930

2500 tonnes

1949

3700 tonnes

1957

Plus de 7000 tonnes

1972

9500 tonnes


Ces volumes de productions présentés par l’industrie privée doivent toutefois être pondérés par l’examen des sources conservées dans les services d’archives publiques. Les sondages effectués mettent en évidence une baisse de production lors de certaines périodes, telles l’année 1933, ou encore les années sombres de 1939 et 1940 où la production chute de moitié. Ainsi, la moyenne annuelle serait de 1140 tonnes en 1939 et de 984 tonnes en 194044.


Production de dynamite
d’après les Archives Départementales des Pyrénées-Orientales
(années 1930)


1933

950 326 kg

1939

moyenne mensuelle environ 95 tonnes soit 1140 t/an

1940

moyenne mensuelle environ 82 tonnes soit 984 t/an


Enfin, de la période de Reconstruction (années 1950) au début des années 1970, a lieu une troisième phase d’essor inégalé de la production de dynamite, avant la fermeture des années 1980. Ces vingt années d’essor quantitatif se caractérisent également par une variété extrême des types de production, au point que seul un traitement statistique permettrait d’en déterminer chaque volume particulier. A titre d’unique exemple, peuvent être citées les catégories suivantes de dynamites (dynamites gommes et pulvérulentes), d’après un tableau d’exportation de juin 196545 : Dynamites gommes A, B, et Bam ; Sofranex ; Tolamite ; Stabilite ; Gélignite ; Ablonite ; Martinite ; Dynalite ; Roche cellulose ; Chlorurée 1 ou 16.

Dans ces circonstances, seule une conclusion provisoire relative aux volumes de production peut être fournie. Celle-ci doit cependant souligner l’évolution exponentielle du volume de production de dynamite au cours du XXe siècle. Les chiffres sont en effet éloquents : 1000 tonnes de production annuelle en 1897, plus de 7000 tonnes en 1957, 9500 au tournant des années 1970. Paulilles se distingue dès lors, non seulement une croissance du volume mais aussi une élévation dans le rythme de production.

C – Un exemple récent : le placage des métaux par explosifs

1 – Les origines

Si l’on se réfère aux descriptions précédentes, l’usine de dynamite de Paulilles a connu des types de production particuliers : dynamite gomme en fin du XIXe siècle, poudre balistite lors de la première Guerre mondiale. Il existe également une dernière production particulière innovée sur le site de Paulilles, à savoir celle du placage des métaux par explosifs.

Cette production industrielle a d’abord été consécutive à de nombreuses observations permettant de soupçonner qu’il était possible de plaquer ensemble des métaux par explosifs, métaux normalement incompatibles entre eux par le procédé du soudage.

Cette possibilité a été prise en compte par la société américaine Du Pont de Nemours au début des années des années 1950, puis a fait l’objet de nombreux essais avant le dépôt de premiers brevets. L’implantation d’une première unité de production aux Etats-Unis a eu lieu vers 1963. Celle-ci a alors commercialisé des tôles plaquées par explosifs sous la marque DETACLAD46.

En raison de la difficulté d’une commercialisation mondiale des produits, Du Pont de Nemours a ensuite cédé des licences à certains fabricants d’explosifs au Japon et en Europe, dont la France à la fin de 1968. Dans ce cadre, la société de Paulilles est rapidement devenue opérationnelle, en commercialisant ses premières productions fin 1969.

2 – Le procédé

Le placage par explosifs met en oeuvre l’énergie produite par la détonation d’une charge d’explosifs pour projeter une première tôle dite tôle de revêtement, sur une deuxième tôle dite tôle de base. L’impact ainsi obtenu conduit à l’union métallurgique intime des deux faces entrées en contact. En pratique, les deux tôles sont disposées horizontalement et parallèlement l’une à l’autre ; toute la surface de la tôle de revêtement est recouverte par une couche uniforme d’explosifs aux caractéristiques parfaitement déterminées. Après amorçage, la détonation se propage à travers toute la surface, en projetant au fur et à mesure la tôle de revêtement sur la tôle de base. Se produit alors une liaison ondulée des métaux entre eux, très caractéristique du placage des métaux par explosifs.

Dans la pratique, l’opération de placage se déroule de la manière suivante : les métaux nécessaires sont approvisionnés soit en usine soit chez un stockiste par l’usine productrice et les tôles sont acheminées par camion à l’usine de Paulilles. A leur arrivée, leur dimension et leur marquage est contrôlé. Cette mise en oeuvre débute 24 à 48 heures avant la date de tir, dans un atelier où sont effectuées la préparation avant le tir et les opérations de finition après le tir. En cas de nécessité, la surface des tôles est soigneusement poncée, ou simplement dégraissée dans la majorité des cas. Les tôles de base et de revêtement sont ensuite soumises à un pré-assemblage, préparatoire au tir proprement dit.

Sur le site du tir, situé à 50 km environ de Paulilles, sont effectuées  les opérations suivantes: assemblage définitif ; mise en place de l’aire de tir ; mise en place de l’explosif ; après évacuation du site, mise en place du lanceur ; tir proprement dit ; chargement et retour à l’usine. Au résultat, les tôles sont plus ou moins déformées par le tir et la première opération de finition consiste à les redresser à l’usine de Paulilles, à l’aide d’une planeuse à rouleaux pour les tôles minces, et d’une presse hydraulique de 1200 tonnes pour les tôles fortes. Après contrôle aux ultra-sons, elles sont découpées aux dimensions finales à la tronçonneuse ou au chalumeau, inspectées et expédiées.

En définitive, les principaux avantages du procédé sont les suivants : excellente tenue de la tôle plaquée aux efforts mécaniques, la liaison ondulée augmentant considérablement la surface d’accrochage entre les métaux. On obtient ainsi des caractéristiques supérieures à celles obtenues par les procédés conventionnels. Possibilité d’assembler des métaux réputés incompatibles (ex : aluminium-acier) et bonne conductibilité thermique et électrique.

3 – Les productions de Paulilles

Les débouchés du placage des métaux par explosifs peuvent être rassemblés dans deux groupes principaux. Le 1er groupe concerne le domaine de la chaudronnerie classique ou nucléaire, dans lequel le métal de base apporte la résistance aux efforts mécaniques et celui de revêtement la résistance à la corrosion. Les tôles et les disques ainsi réalisés sont destinés à la fabrication d’appareils pour l’industrie chimique au sens le plus large : dessalement de l’eau de mer, pâtes à papier, pétrochimie, industrie des engrais, nucléaire etc.

Le 2e groupe concerne le domaine des joints de liaison dans lequel l’élément plaqué assure la liaison entre deux éléments incompatibles. Ainsi ce type de raccord a été utilisé à l’usine de retraitement de La Hague. Ces joints sont également utilisés en marine, où ils relient l’aluminium de superstructure aux coques en acier.

Pour mémoire, en 1987, la plus grande tôle plaquée faisait localement presque 34 mètres carrés et 32 tonnes, suivie d’une tôle de 40 tonnes. La production des tôles plaquées par l’usine de Paulilles se mesure en effet en mètres carrés plaqués. Suivant les courbes produites par M. Dubuy, les premières années (1970 à 1973) sont des années de production considérées comme faibles, où la surface plaquée totale oscille aux environs de 1000 mètres carrés annuellement.

La croissance est ensuite sensible de 1973 à 1983, avec un pic de 5000 mètres carrés plaqués, atteint en 1978 : cette période correspond schématiquement à celle de grands chantiers mondiaux (1975 à 1985). De 1982 à 1988-1989, la production de tôles plaquées régresse aux environs de 2500 mètres carrés plaqués, suivant également le cours mondial. Elle connaît un nouvel essor à compter de 1992, suite à l’implantation de la nouvelle usine de Rivesaltes. Dans l’intervalle, fin 1985, l’usine de dynamite de Paulilles a été fermée.

En conclusion, le plaquage des métaux par explosifs constitue une « technique très particulière pour unir des tôles planes de métaux différents utilisées par toutes sortes d’industries (chimique, pétrolière, navale, alimentaire, électrique, nucléaire) ». Cette activité a été très fluctuante, liée aux grands chantiers des industries concernées. L’usine de Paulilles a été la seule assurant une production industrielle en France par ce type de procédé, avant le transfert de son atelier à Rivesaltes. Paulilles apparaît donc comme l’ancêtre de Nobelclad de Rivesaltes, considérée à la fin du XXe siècle comme « la meilleure usine adaptée à cette spécialité ».


Edwige Praca
2005

Annexes


Débuts de la production de dynamite à Paulilles - Détail47


1 au 20-4-1876

7 ou 8000 kg (vente)

Mai 1876

1 500 kg par jour

3è trimestre 1876

32 430 kg (vente)

Octobre 1876

15 à 20 000 kg (vente)



Production de dynamite à Paulilles (1876-1880) - Détail


Exercice 1876-1877

152 773 kg

Exercice 1877-1878

224 165 kg

Exercice 1878-1879

338 228 kg

Exercice 1879-1880

552 390 kg (vente)

1er trimestre 1880

100 000 kg (vente)


Production mensuelle d’acide sulfurique-oleum
par les fabriques privées
fin 1916 (en tonnes)


St Gobain (Aubervillers, St Fons, Bordeaux, L’oseraie etc)

13 400

Société pour l’Industrie chimique
(La Palice)

1200

Société rouennaise de Cellulose (Rouen)

600

Société des dynamites (Ablon)

600

Société des Produits chimiques de l’Ouest (Brest)

600

Penarroya

600

Société Malétra (Rouen)

500

Société de Thann (Kuhlmann)

450

Société de la Vieille-Montagne (Viviez)

200

Dynamiterie de St Martin de Crau

180

Usine de Paulilles

150

Total

18 480

 

Bibliographie

Praca Edwige, Les productions du site de Paulilles (1876-1986), Perpignan, 2005.

- Etude réalisée pour le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres de la Région Languedoc-Roussillon dans le cadre du projet d’aménagement du site de l’ancienne dynamiterie de Paulilles (Pyrénées-Orientales). Cet espace réaménagé, situé au sud de la commune de Port-Vendres, est actuellement géré par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales.

Pour en savoir plus, cliquer sur :

Les chemins de Paulilles
« L’enfer au paradis ». Histoire et patrimoine de l’usine de dynamite de Paulilles 1870-1984

« Sous la tonnelle. Lettres de Paulilles en 1909 »

1 Ces documents figurés ne sont pas reproduits sur le site Internet APHPO.
2 A.G.O., 27-10-1877, exercice 1876-1877, et A.G.O. 27-10-1879, exercice 1878-1879.
3 BERGENGREN, Alfred Nobel. L’homme et son œuvre, p.104. Cf. égal. HELENE Maxime, La poudre à canon et les nouveaux corps explosifs, 2e édit., Paris, 1886, p.126 : dans l'intervalle, la dynamite livrée au commerce en 1874 par quatorze maisons : 3 500 tonnes.
4 HELENE Maxime, La poudre à canon et les nouveaux corps explosifs, 2e édit., Paris, 1886, p.129. En 1886, sur quatorze usines répertoriées, celles de Krûmmel : 600 000 kg (usine fondée en 1865 en Allemagne), puis de Zammky (fondée en 1868 en Autriche), d’Ardeer (fondée en 1871 en Ecosse) et de San Francisco (fondée en 1868) ont les productions les plus importantes : 400 000 à 500 000 kg chacune. Les unités les plus anciennes figurent parmi les plus actives, Paulilles étant alors également « en pleine activité ». Sa production n'est cependant pas mentionnée.
5 Bergengren p.105.
6 C.A. du 26-10-1877.
7 Grand Diction. Universel du XIXe siècle, Larousse, tome XVII, 2e partie, réimpression Paris 1982, p.1115.
8 A.D.P.O., 8S168, date de récolement des travaux : 16 janvier 1878. Date de demande du dépôt de stockage : 18 janvier 1878.
9 A.D.P.O., 8S168
10 C.A., 12-11-1875.
11 C.A., 30-11-1875, 12-3-1877. Mention refus in A.G.O. 27-10-1877.
12 C.A., 24-5-1876.
13 C.A. 29-12-1875. Brevet n°110 549.
14 Grand Diction. Univers. du XIXe siècle, Larousse, tome XVII, 2e partie, réimpression Paris 1982, p.1115 op.cit.
15 SNPE Ingenierie, Etude des dangers de l’établissement désaffecté de Paulilles p.18.
16 SNPE Ingenierie, Etude des dangers de l’établissement désaffecté de Paulilles, voir les définitions et pourcentages de nitroglycérine notamment p.21 et 23-24.
17 Dictionnaire encyclopédique Quillet, édition 1985, p.1947.
18 Mention de la Nobel's Explosives Co. Ltd in BERGENGREN, op.cit. p.69. CA du 6-12-1876 : « La gomme explosive est insipide et n'est pas vénéneuse ».
19 C.A. 26-1-1877.
20 C.A. 12-3-1877.
21 C.A. 31-5-1877. Courrier Nobel à cette date.
22 C.A. 30-11-1877.
23 C.A. 19-4-1878 et A.G. ordinaire 23-10-1878.
24 C.A. 12-3-1877.
25 C.A.. 28-6-1878 et A.G. ordinaire 23-10-1878. Honoraires annuels de Liedbeck : 6 000 francs. BERGENGREN op.cit. p.60 : de 1878 à 1881, « le Français Paul Barbe fut muté de la société Nobel de Paris à Hambourg et, pendant les quatre ans qui suivirent, il y fut un organisateur efficace. Au même moment, deux assistants de Nobel à Hambourg entrèrent dans la Société Générale de Paris : exemple précoce d'une politique d'échanges commerciaux internationaux ».
26 BERGENGREN op.cit., p.67.
27 Cette collaboration élargit le service d'information et de perfectionnement commun aux fabriques européennes, qui a débuté par l'affiliation des fabriques de France, d'Espagne, d'Italie et de Suisse.
28 CA 24-7-1879 et AG ordinaire 27-10-1879.
29 C.A. 22-11-1879. Prix de vente : 9 francs le kg, exception faite des remises, et CA 23-2-1880. Des essais sur des sites à roche dure doivent se poursuivre.
30 C.A. 23-2-1880.
31 C.A. 26-3-1880, 25-6-1880 et 27-8-1880.
32 113 kg le 1-12-1879, 114 kg le 2-12-1879, 112kg950 le 3èjour, interrompue par une explosion.
33 AG et CA 25-10-1880.
34 SNPE Ingenierie, Etude des dangers de l’établissement désaffecté de Paulilles, p.24.
35 BERGENGREN op.cit. p.67 et C.A. 27-8-1880. A noter que les choix de la société française en matière de production ne sont pas tous concluants. En septembre-octobre 1880, doutant du mérite de sa composition, elle refuse l'offre faite par la société austro-allemande de dynamite de lui céder son brevet français n°125 329 pour une « dynamite gomme au camphre », valable jusqu'en juin 1893. Or ce produit s’avère finalement moins facilement inflammable et moins sensible aux chocs (CA 28-9-1880 et 23-10-1880). Ses qualités sont résumées dans le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, Larousse t. XVII, 2e partie, réimpression Paris, 1982, p.1115 : corps gélatineux pouvant être énergiquement comprimé sans exsudation rapide de la glycérine, n'explosant pas sous le choc d'une balle tirée à 50 mètres, exigeant des amorces très énergiques et dégageant moins de fumée que la dynamite ordinaire.
36 QUINCHON Jean « L’invention de la dynamite gomme en 1875 et les travaux d’Alfred Nobel dans son laboratoire parisien (1874-1879) » in L’aventure de la dynamite au temps d’Alfred Nobel et l’invention de la poudre balistite. Colloque du centenaire de la mort d’Alfred Nobel, 1896-1996, Parc Forestier de Sevran, 12-10-1996, p.12-14. Actes communiqués par M. Le Gall, que nous remercions ici.
37 Il s’agit de deux produits explosifs. La nitrocellulose est en outre extrêmement absorbante.
38 SNPE Ingenierie, Etude des dangers de l’établissement désaffecté de Paulilles p.46 et 54.
39 Synthèse effectuée d’après le rapport SNPE p.43-44. Cette synthèse est valable pour la fabrique de poudre balistite de Paulilles.
40 ADPO, 8S167.
41 Chimie et Industrie. Dix ans d’efforts scientifiques et industriels 1914-1924, p.1341. Cette production est alors la moins élevée parmi les entreprises privées de France, mais à Paulilles elle ne fait que débuter.
42 SNPE Ingenierie, Etude des dangers de l’établissement désaffecté de Paulilles p.46.
43 Cession à la SNPE.
44 ADPO, 1W112, 1941. La moyenne mensuelle en 1939 est d’environ 95 tonnes, elle est de 82 tonnes environ en 1940. Chiffres arrondis.
45 Archives privées. Ces variétés sont également sous-divisées en 2 ou 3 catégories.
46 L’ensemble de cette partie se réfère à une conférence anonyme intitulée « Placage des métaux par explosifs », donnée le 9 octobre 1987 à l’ENSTA.
47 En l’absence de la totalité des volumes de productions, certains chiffres sont ceux des quantités vendues.

 
 
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